Unreliable Boyfriend: An Insider’s View of Dealing with a Chaotic Superpower, Plutocrats and Other Complicated People’

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Unreliable Boyfriend is a book that only Chrystia Freeland could write--about a globe-trotting journalist who covered oligarchs and then became a political leader; what she learned about power, international relations, and global trade from her years in government; and how the United States can be seen in revelatory ways through the eyes of a Canadian who had to deal with American chaos.

FT Book review :
https://www.ft.com/content/586218d3-6943-4690-8dd8-63dd329c781d

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L’auteure est l’ancienne vice-première ministre du Canada. Son nouveau livre s’intitule Unreliable Boyfriend: An Insider’s View of Dealing with a Chaotic Superpower, Plutocrats and Other Complicated People.

Les dirigeants du monde des affaires américain ont contribué à la réélection de Donald Trump en 2024 et leur attitude conciliante au cours des deux premières années de son second mandat a contribué à le renforcer. Mais aujourd’hui, alors que l’étoile politique de Trump brille moins intensément, certains d’entre eux redécouvrent peut-être les vertus de la mondialisation et les dangers du plouto-populisme.

Le soutien du monde des affaires à la Maison-Blanche reposait à la fois sur un calcul économique et un calcul politique. Le calcul politique consistait à voir en Trump un dirigeant capable de canaliser le mécontentement populiste américain et de le transformer en pouvoir. Le calcul économique était qu’il réduirait les impôts et la réglementation, tandis que les démocrates feraient le contraire. En prime, Trump promettait également de protéger les entreprises contre les taxes et réglementations européennes.

Mais ce pari commence à tourner mal.

D’abord parce que le président ne tient pas sa part du marché. Les élections de mi-mandat s’annoncent dévastatrices. Et même avant sa chute dans les sondages, son approche agressive et impulsive de la guerre et du commerce était déjà contraire aux intérêts de ses soutiens dans le monde des affaires.

Ces derniers voulaient un président qui réduise les impôts et les contraintes réglementaires. Ils ont obtenu un président qui a perturbé le commerce dans le détroit d’Ormuz par une guerre choisie et affaibli les relations économiques et sécuritaires les plus importantes des États-Unis au moyen de droits de douane unilatéraux et d’un flot incessant d’insultes.

Les dirigeants d’entreprise n’ont que rarement fait preuve de grand courage, et cela n’a jamais été aussi évident. Pourtant, à mesure que le capital politique de Trump s’amenuise, certains commencent à exprimer publiquement ce que beaucoup pensent depuis longtemps : la mondialisation fonctionne et il est temps pour l’Amérique de revenir dans le jeu.

La pièce à conviction numéro un est Jamie Dimon. Le patron de JPMorgan est un banquier talentueux et un stratège politique avisé. Il n’a jamais été un enthousiaste du mouvement MAGA, mais il a déjà déclaré que Trump avait « plutôt raison » sur plusieurs questions importantes.

Puis, il y a quelques semaines, Dimon a publiquement appelé à une approche vis-à-vis de l’Union européenne totalement opposée à celle de la Maison-Blanche. Il a pris soin de ne pas présenter sa proposition d’accord de libre-échange ambitieux comme un désaccord avec le président, allant même jusqu’à la baptiser malicieusement « un grand et bel accord ». Mais, en réalité, il préconise exactement l’inverse de ce que fait actuellement l’administration Trump.

Alors que Trump frappe Bruxelles de droits de douane et adopte une position favorable à Poutine dans la guerre en Ukraine, conflit existentiel pour l’Europe, Dimon propose un partenariat plus étroit encore que celui qu’avait tenté d’établir Barack Obama.

Une lourde défaite républicaine aux élections de mi-mandat pourrait encourager davantage de dirigeants d’entreprise à exprimer ouvertement leurs désaccords avec le président. Beaucoup ont admis en privé être mal à l’aise depuis le début avec l’attitude du mouvement MAGA envers les alliés historiques des États-Unis.

J’ai eu plus d’une douzaine de conversations avec des PDG américains qui se sont excusés auprès de moi pour le comportement de leur président et m’ont confié qu’il nuisait aux États-Unis et au reste du monde.

Un investisseur new-yorkais en capital-investissement, qui se décrit comme « très conservateur » et entretient des relations amicales avec la famille Trump, m’a déclaré le mois dernier qu’il avait « honte » des États-Unis, que Washington devait trouver un moyen de réparer le partenariat transatlantique et a ajouté : « En réalité, je suis un mondialiste. »

Les dirigeants qui partagent ce type d’opinion attendent le bon moment pour prendre publiquement la parole. Comme me l’a confié le directeur général d’une banque de Wall Street :

« Le timing est essentiel. Vous ne voulez pas parler trop tôt parce que votre entreprise sera sanctionnée et que vous perdrez votre poste. Mais vous ne voulez pas non plus attendre trop longtemps. »

La trahison manifeste de l’Ukraine par Trump et son soutien ouvert à Poutine pourraient constituer la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Il faut véritablement adhérer sans réserve à l’idéologie MAGA pour ne pas être consterné par l’attitude américaine.

En témoignent les condamnations explicites de Mike Pence, premier vice-président de Trump, du général Keith Kellogg, figure du mouvement « America First » et ancien envoyé spécial de Trump pour l’Ukraine, ainsi que de six sénateurs républicains ayant signé une lettre ouverte bipartisane appelant la Maison-Blanche à changer de cap.

Les entreprises sont jugées sur leur capacité à générer des profits. Les responsables politiques sont jugés sur leur capacité à gagner des élections. Si le mouvement MAGA subit une sévère défaite lors des élections de mi-mandat, de nombreux PDG pourraient enfin dire publiquement ce qu’ils murmurent depuis longtemps en privé : que l’Empereur est fort peu vêtu et qu’ils n’ont jamais vraiment cru à son prétendu costume.

Les entreprises américaines ont été l’un des moteurs de la construction de l’ordre mondial d’après-guerre. Si leurs dirigeants reviennent à une vision favorable à la mondialisation après les élections de mi-mandat, notamment en soutenant un renouveau de l’alliance occidentale, cela pourrait avoir des conséquences majeures.

La grande question sera alors de savoir si les alliés des États-Unis seront prêts à accueillir à nouveau l’Amérique parmi eux.