Alex Chatelain appartient à une génération de photographes qui a connu une période particulièrement libre et créative de la photographie de mode. Formé à New York auprès de Richard Avedon et Hiro, et proche d’un milieu artistique où évoluaient notamment Diane Arbus et Andy Warhol, il apprend très tôt que la photographie dépend autant de la psychologie, de l’instinct et de la relation avec le sujet que de la technique.
Installé ensuite à Paris, il travaille pour Vogue France et British Vogue, notamment avec Grace Coddington, et photographie à une époque où les mannequins commencent à devenir de véritables personnalités. Il considère son reportage en Chine pour British Vogue comme l’un des sommets de sa carrière.
Chatelain décrit son style comme lumineux, spontané et optimiste, à l’opposé de l’esthétique plus sombre qui s’imposera ensuite dans la mode. Il considère la photographie de mode comme un « art appliqué », résultat d’une collaboration entre photographe, mannequin, styliste et magazine.
Son idée la plus intéressante concerne cependant la création elle-même : la maîtrise technique ne suffit pas à produire une grande photographie. Selon lui, ses meilleures images sont précisément celles où quelque chose d’imprévu s’est produit et où il a accepté de perdre une partie du contrôle. Travail, instinct, expérimentation et prise de risque sont ainsi au cœur de sa conception de la photographie.
Source : entretien avec Alex Chatelain, FOXYLAB — “Alex Chatelain: The Photographer of the Fashion When It Was Smiley”.
